C'est le grand chelem pour Marion Cotillard : Bafta, Golden globe, César ET OSCAR !!
Une performance unique (donc inégalée) pour une actrice française.
Même en ne considérant que les oscars, JAMAIS une actrice française n'avait été consacrée dans un film entièrement en français, c'est à dire distribué AVEC SOUS-TITRES aux USA !!
L'occasion de revenir sur les derniers Césars / Oscars.
Césars :
Le retour d'Antoine de Caunes à la présentation était plutôt de bonne augure (même si les dernières prestations de Gad Elmaleh ou Valérie Lemercier étaient plutôt bonnes).
Et de fait, c'était plutôt bien fait, la personalité facétieuse du président Jean Rochefort s'y prêtant bien.
Le thème des blagues était clairement tourné envers Sarkozy (et autour)..
Le début faisait penser que ce serait une excellent soirée des Césars.
Malheureusement, cela ne dura pas. A partir d'un certain moment (l'entrée de Clothilde Couraud pour remettre je ne sais plus quel césar), la soirée devint pesante, sans intérêt, bref "zappante".
En gros, 2 temps : 1 premier (1h 30) où la soirée était VRAIMENT bien, un 2ème où c'était VRAIMENT GONFLANT.
Le "double césar d'honneur" pour Jeanne Moreau était acceptable surtout au vu de ce qu'elle en a fait (soutien de la création et "transmission" à la génération future). En revanche, l'hommage à Romy Schneider (même si légitime) tombait un peu comme un cheveu sur la soupe...
Oscars :
La France était particulièrement représentée dans ces Oscars 2008, (Marion Cotillard n'étant que la partie émergée de l'iceberg (et malheureusement on ne parle que d'elle..)), ce qui donnait une occasion supllémentaire de les regarder.
"Tapis Rouge" / "Red Carpet Time" : peut-être est-ce moi, peut-être est-ce circontenciel, le fait est que j'ai trouvé que le pauvre Didier Allouch RAMAIT GRAVE pour obtenir des interviews.. (il semblait être "mieux placé" les précédentes années... budget ?).
Néanmoins, dès ce "carpet", une certaine tendance se dessinait : TOUS les GRANDS acteurs américains intérrogés (Clooney, Travolta, Diaz, etc..) se disaient impressionnés par la preformance de Marion...
De quoi augmenter le suspense avant la cérémonie (les sondages donnant Julie Christie légèrement favorite, les 3 autres étant nettement distancées).
Après un générique très bien fait mais désormais classique (incrustations d'acteurs mythiques dans une scène en 3D), vient le discours de Jon Stewart.
Pour ceux qui ne le connaissent pas encore, Jon Stewart est l'animateur du Daily Show sur une chaîne câblée américaine (Comedy Central) retransmis le lendemain (sous-réserve du temps de traduction) sur Canal + (et ces dérivés, comme Canal Décalé).
"The Daily Show" est une émission vraiment EXCELLENTE qui n'a pas d'équivalent en France, même si les "Guignols" peuvent s'en rapprocher sur l'aspect "subversif et indépendant". Jon Stewart était en particulier le seul à condamner l'intervention en Irak lors des débuts, ses émissions montrent d'autre part une nette désapprobation de l'administration Bush.
On s'attendait donc à un discours offensif et acerbe, surtout en cette année d'élection..
Mais non, quelques petites piques des deux côtés (démocrate et républicain), quelques blagues pendant la soirée elle-même, mais rien de notable, à croire que le pauvre Jon avait été "briefé" par d'obscurs "men in black" :blink: ...
Le reste de la cérémonie : l'obtention du Meilleur maquillage pour "La Môme" confirmait la bonne impression du "Red Carpet" (et du coup la réflexion de Patrick Bruel en plateau : "Ne nous emballons pas.. Ca pourrait être aussi une grande déception si elle ne l'obtient pas.").
La sensation qu'aux Oscars TOUT est VRAIMENT trop formatté pour que l'on ait ne serait-ce qu'une once d'improvisation, même contrôlée, alors qu'aux Césars (et pourvu que ça dure ainsi) on a au moins un "poil" de liberté..
Puis le moment attendu, la consécration de Marion Cotillard (4h10 du matin), le discours EXCELLENT, la coupe de champagne dans le studio Canal.
Il ne faudra pas oublier que d'une part l'année 2008 est un record pour le nombre de nominations françaises aux Oscars et que d'autre part le meilleur maquillage et le meilleur court-métrage a été attribué à un français.
La conclusion revient à Roberto Benigni vantant "l'exception culturelle" française : Vous avez inventé le cinéma, vous avez désormais la responsabilité de le faire vivre...