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: New-York Giants - New-England Patriots
Par Mpok,
Le Super Bowl XLII est un des Super Bowls les plus attendus. En effet, c'est un match historique qui s'annonce : les New England Patriots arrivent ce soir invaincus cette saison (18 victoires) et sont sur le point de réaliser l'exploit d'une saison parfaite. Seuls les Dolphins de Miami ont réussi à remporter tous leurs matchs (saison régulière + playoffs + Super Bowl), c'était en 1972, mais à l'époque la saison comportait 2 matchs de moins (soit un total de 17 avec le Super Bowl). Cette année, les Patriots ont battu un grand nombre de records de la NFL : record de points marqués en attaque sur une saison, record individuel de touchdowns pour leur quaterback Tom Brady, record également de touchdowns pour leur receveur vedette Randy Moss. Résultat, New England est évidemment donné largement favori, avec un avantage d'au moins 12 points, et on attend un festival de passes de touchdowns de la part de Tom Brady, qui pourrait en cas de victoire, rejoindre les plus grands quaterbacks avec 4 titres (dont le légendaire Joe Montana).
Mais en face, les New-York Giants ne seront pas là pour faire de la figuration. Certes, ils ont perdu 6 de leurs 16 matchs de saison régulière et ont donc été qualifiés de justesse pour les playoffs. Cependant, malgré le gros désavantage de jouer leurs 3 matchs de playoffs à l'extérieur, ils se sont tout de même imposés à chaque fois pour se retrouver ce soir à la grande finale. D'ailleurs, ils totalisent un total de 10 victoires pour une seule défaite (le premier match de la saison, contre Dallas) hors de leurs bases, ce qui constitue un record. Et ce soir, le tirage au sort les a désignés comme l'équipe jouant en blanc, c'est à dire l'équipe à l'extérieur.
Enfin, on se rappelle que lors du dernier match de saison régulière, les Giants n'avaient perdu que de trois points (38 - 35) face aux Patriots, après avoir mené de 12 points (voir Les Giants au Super Bowl pour un résumé de ce match, de la saison régulière et des playoffs).
Comme l'année dernière, l'opposition se fera entre d'un côté une grande attaque (New-England), et de l'autre une grande défense (New-York). Et comme l'année dernière, on se demande si le jeune quaterback des Giants, Eli Manning, seulement dans sa 4ème saison NFL, saura gérer la pression d'un tel match. Petit frère de Peyton Manning, le quaterback des Colts d'Indianapolis (champions 2007) qui a été élu MVP l'année dernière, Eli Manning a été fortement critiqué en début de saison mais a par la suite prouvé qu'il pouvait lui-aussi se distinguer.
Du côté des Patriots, c'est bien sûr Tom Brady que l'on attend, même si son dernier match (la finale de Conférence) a été plutôt terne. Savoir défendre sur le receveur Randy Moss sera également un élément déterminant pour la défense des Giants.
Le match se déroule à Glendale (banlieue ouest de Phoenix), dans le Arizona Stadium, (photo de droite) le stade habituel de l'équipe des Cardinals d'Arizona. Cette enceinte de 73000 places, inaugurée il y a deux ans, a coûté 455 millions de dollars et est dotée d'un toit amovible. Ce toit n'est pas là pour protéger de la pluie, mais tout simplement parce que le stade est ENTIEREMENT CLIMATISE !
Il faut savoir que Phoenix est situé en plein désert, et la première chose que l'on aperçoit en atterrissant sur l'aéroport ce sont les innombrables petits points bleus qui contrastent sur le désert environnant, et qui correspondent à autant de piscines des quartiers résidentiels (Phoenix est réputé pour son taux de retraités fortunés). Et lorsque l'on sort de l'aéroport climatisé, on est littéralement étouffé par la chaleur intenable qui règne à l'extérieur (en tout cas fin mai - début juin). Je vous laisse imaginer la débauche d'énergie nécessaire pour descendre la température de 50°C à 23°C dans un stade de cette ampleur...
La grande finale débute traditionnellement avec l'entrée des équipes sur le terrain (photo de gauche). Et dès ce premier instant de l'évènement commence la frustration des téléspectateurs français ! En effet, France2 zappe complètement cette présentation, préférant présenter son "plateau" d'invités, qui sera tout au long de la soirée la cible justifiée de toutes les critiques des téléspectateurs. Nous reviendrons sur le débat concernant la retransmission française dans un paragraphe spécial à la mi-temps du match.
Après l'hymne américain, le "toss" est lancé et est remporté par l'équipe des Giants, qui choisissent de recevoir le coup d'envoi et donc de débuter le match en attaque...
Totalement à l'inverse de l'année dernière (où le Super Bowl avait débuté sur une action d'éclat et des points marqués très rapidement, voir Super Bowl XLI 2007), le match débute sur un TRES LONG DRIVE des New-York Giants. Après 15 actions de jeu, les Giants sont finalement stoppés à 14 yards de l'embut adverse et doivent se contenter d'un FIELD-GOAL de 32 yards réussi par Lawrence Tynes (photo de droite), le héro de la dernière seconde lors de la finale de Conférence (voir la discussion mentionnée plus haut).
La longueur énorme de ce drive, 9'59", constitue un nouveau record pour un Super Bowl.
3 - 0 New-York
Les Patriots effectuent à leur tour leur premier drive, principalement par des passes de Tom Brady, mais dont beaucoup ne sont malheureusement pas complétées, celles qui le sont étant assez courtes. Mais comme ils ont commencé ce drive en bien meilleure position que celui des Giants, les Patriots parviennent tout de même à 17 yards de la ligne des Giants. Alors que Brady rate une nouvelle passe et que l'on pense que les Patriots vont devoir se contenter d'un field-goal pour égaliser, une pénalité contre New-York donne un first-down aux Patriots sur la ligne des 1 yard de NY.
Et c'est déjà la fin du premier quart-temps !
Avec seulement deux drives de joués, ce qui est aussi un record pour un Super Bowl. Une nouvelle fois, on note la totale différence avec le premier quart-temps de l'année dernière, qui avait été très prolifique et émaillé de nombreux "turnovers".
Le deuxième quart-temps débute sur les mêmes positions que la fin du premier quart-temps (après avoir changé de côté). Avec seulement 1 yard à gagner, ce n'est qu'une formalité pour Laurence Maroney qui marque en force le premier TOUCHDOWN de la partie (photo de gauche).
3 - 7 New-England
La possession suivante permet aux Giants de se retrouver à 20 yards de la ligne adverse, mais malheureusement Eli Manning est alors INTERCEPTE par Ellis Hobbs (photo de droite). Ce premier "turnover" de la partie ne permet cependant pas aux Patriots de marquer à nouveau, ils sont obligés de se dégager, de même que New-York lors du drive suivant.
Les défenses des deux côtés semblent prendre le pas sur les attaques, et cela se confirme sur le drive suivant, où Tom Brady, pourtant bien protégé d'habitude, est "sacké" deux fois consécutives. S'ensuit une possession une nouvelle fois infructueuse de New-York, lors de laquelle les arbitres doivent intervenir sur une action litigieuse, après un nouveau sack, encaissé cette fois par Eli Manning (photo de gauche).
Alors que nous entrons dans les deux dernières minutes, New-England a une nouvelle fois l'occasion de creuser l'écart, mais Tom Brady est sacké pour la troisième fois, par Justin Tuck (photo de droite), provoquant du même coup un FUMBLE (perte de balle). Mais ce second turnover du match ne servira pas aux Giants. En effet, il ne reste que 10 secondes à jouer, et Eli Manning n'a d'autre choix que de tenter une passe "Ave Maria" (qui ne donnera rien) : le quaterback attend le plus longtemps possible, le temps que tous ses receveurs (accompagnés des défenseurs, évidemment) se massent dans la zone d'embut, puis il lance une longue passe dans cette direction, en priant pour qu'un receveur capte le ballon (s'il se fait intercepter par un défenseur, ce n'est pas grave, sauf au niveau statistique, puisque c'est la dernière seconde...).
C'est donc la mi-temps. Et déjà une grosse surprise : tous les pronostics donnaient un match avec beaucoup de points (rappel : 73 en tout pour le match de saison régulière entre les deux équipes), or seuls les deux premiers drives se sont conclus par des points, on en est à 10 points en une mi-temps. D'autre part, la domination relativement attendue de New-England, surtout en attaque, n'est pas au rendez-vous : au contraire, les Patriots ont un total yards de 89 (!) ce qui est extrêmement faible (139 pour New-York) et Tom Brady a été sacké 3 fois (tous au deuxième quart-temps) ce qui égalise déjà son record pour la saison.
New-York domine donc, surtout en défense, mais il n'empêche qu'il sont menés, et la NFL nous rappelle (comme chaque année) que "les 12 dernières équipes qui menaient à la mi-temps ont remporté le Super Bowl"...
Le spectacle de la mi-temps est cette année assuré par Tom Petty. Comme l'année dernière avec Prince, la scène a une forme toute particulière (photo de gauche), avec en plus une animation de lumières lors de la mise en place (on a l'impression que la guitare se déplace dans le stade pour venir s'encastrer dans le coeur).
Oui, mais voilà... Cette animation, et même le concert tout entier, les téléspectateurs de France Télévision n'y ont pas droit !!! (je l'ai vu sur les chaînes américaines) Tout simplement incroyable... France2 préfère ennuyer le public encore debout à 2 heures du matin avec des invités qui se "battent entre eux" pour savoir qu'elle équipe va gagner, puis d'autres invités qui viennent faire leur pub.
Il faut donc absolument revenir à une analyse de la retransmission de l'évènement par France Télévision.
Et tout d'abord, signaler les bonnes choses et les améliorations :
Et ce qui ne va pas :
Le non-respect de l'évènement lui-même : en prolongement du point ci-dessus, le Super Bowl c'est un TOUT. Il y a un générique, l'entrée des joueurs sur le terrain, l'hymne national et le "toss" (seuls les 2 derniers ont été diffusé). Puis il y a du JEU, et CHAQUE ACTION est importante : or, avec ces coupures "plateau" non-synchronisées avec le direct, France2 a "loupé" plusieurs actions (ou début d'actions), en particulier dans le deuxième quart-temps.Conclusion : il suffirait de "virer" ce plateau ridicule à Paris (mené en plus par un journaliste qui ne connait rien à ce sport), et de laisser les commentateurs sur place meubler les temps-morts tout en laissant à l'antenne le faisceau international DANS SON INTEGRALITE. On serait sûr de ne rien manquer, et on resterait ainsi dans l'ambiance de l'évènement du début à la fin...
Mais revenons au match, le concert de Tom Petty est terminé (comment ça, vous ne l'avez pas vu ??
)...
Le troisième quart-temps débute par une belle passe de Tom Brady vers Wes Welker pour un gain de 15 yards (photo de gauche). C'est le début d'un long drive pour les Patriots, qui semblent s'être fait sonner les cloches pendant la mi-temps à cause de leur inefficacité offensive jusque là. Ils parviennent à entrer dans la moitié de terrain des Giants mais sont stoppés à 44 yards. Et là, sur une 4ème tentative et 2 yards, ils décident de se dégager par un punt. ?? Décision particulièrement prudente pour cette équipe pourtant très offensive, habituée aux prises de risque sur 4ème tentative...
Heureusement pour eux, il y a une pénalité contre New-York sur le punt (non signalée par les multiples arbitres, mais par le coach des Patriots), et ils peuvent donc continuer en attaque. Ils progressent un peu (nouvelle passe de 14 yards, et Tom Brady en profite pour compléter sa 84ème passe sur l'ensemble de sa carrière en Super Bowl, mais ce nouveau record NFL passe totalement inaperçu), et Tom Brady est finalement sacké pour la quatrième fois ce soir, les Patriots se retrouvent sur la ligne des 31 yards adverse avec une 4ème tentative et 13 yards. Et à la surprise générale, ils décident cette fois de la tenter !?? Tenter le field-goal était certainement un meilleur choix (même si d'une distance d'environ 50 yards, il n'était pas évident à réussir, même dans un stade couvert). La passe de Tom Brady est incomplète et les Giants récupèrent le ballon.
Après ce long drive et ces deux décisions "étranges" du coach Bill Belichick, il ne reste que 6'47", et le troisième quart-temps se termine par deux drives improductifs.
Le dernier quart-temps commence : les deux défenses sont fatiguées mais continuent à tenir et rien n'a été marqué depuis la première action du deuxième quart-temps ! Au lieu du match prolifique attendu, on commence à regarder dans les statististiques du côté des Super Bowls les plus défensifs de l'histoire.
Et les New-England Patriots commencent à envisager sérieusement leur entrée dans le Panthéon des équipes avec leur fameuse "saison parfaite". Mais la tension monte, une seule action peut tout changer...
Et justement, sur la première action de ce quart-temps, Eli Manning lance une longue passe de 45 yards (la plus longue du match) vers Kevin Boss. La fameuse passe longue que l'on attendait de la part de Tom Brady, c'est donc finalement son adversaire du jour qui la distille. Après ce gros gain, les Giants sont déjà proches de la zone adverse et deux petites passes plus tard, Eli Manning lance son premier TOUCHDOWN à la passe (5 yards) vers David Tyree (photo de droite) et les Giants repassent devant, ajoutant encore au suspense.
10 - 7 New-York
Les deux possessions suivantes sont une nouvelle fois dominées par les défenses des deux équipes (pratiquement aucun gain des deux côtés), mais le chrono tourne désormais en faveur des Giants. Cependant, lorsque les Patriots récupèrent le ballon avec 7'54" à jouer (et 80 yards à remonter pour un touchdown, le field-goal suffisant cependant pour égaliser et aller en prolongation), tous les observateurs pensent que Tom Brady va enfin être à la hauteur de sa légende, emmener son équipe dans l'histoire avec un drive d'anthologie tout en mangeant le temps restant, et que comme d'habitude les Patriots vont gagner à la dernière seconde.
Et c'est précisemment ce qui se passe !!! Deux petites passes à droite, une course au centre, deux petites passes à gauche, New-England remonte progressivement le terrain, on retrouve enfin les Patriots conquérants de la saison régulière.
Ils ne sont plus qu'à 6 petits yards, sur une première tentative, il reste 2'55" sur l'horloge. N'importe quel coach, même débutant, appelle une ou deux courses dans cette position : en effet, il FAUT marquer, mais AUSSI faire tourner la montre (ou au moins obliger l'adversaire à utiliser ses temps-morts), afin que les Giants aient le minimum de temps pour éventuellement revenir. Mais non, encore une fois Bill Belichick prend la décision étrange de faire lancer des passes par Tom Brady (ce qui comporte également le risque de se faire intercepter, ce qui dans cette situation signifierait tout simplement le match perdu). Les deux premières sont incomplètes, et heureusement c'est finalement Randy Moss qui se démarque enfin (le défenseur a glissé, on le voit sur la photo) et marque le TOUCHDOWN (photo de gauche).
10 - 14 New-England
A ce moment, l'histoire en marche serait belle : le touchdown victorieux marqué par les deux stars de l'équipe, Tom Brady et Randy Moss...
Les Patriots sont de nouveau en tête, mais ils laissent la possibilité aux Giants de revenir, puisqu'il reste 2'45" au compteur (2'39" après le coup de pied de remise en jeu) et les Giants ont encore leurs 3 temps-morts à disposition.
Un exploit difficile, mais pas impossible...
Les New-York Giants débutent ce drive final sur leur ligne des 17 yards (NY 17) : ils ont donc 83 yards à remonter, le field-goal ne suffit pas (ils ont 4 points de retard), donc touchdown obligatoire, et l'horloge indique 2'39".
Eli Manning peut-il renouveler l'exploit de Joe Montana ? (voir plus bas "Rappels historiques")
- 2'39" / NY 17 : passe vers A. Toomer pour 11 yards.
- 2'09" / NY 28 : passe incomplète.
- 2'04" / NY 28 : passe incomplète.
- 1'59" / NY 28 : passe vers A. Toomer pour 9 yards (pas suffisant pour un first down, donc 4ème tentative, 1 yard au moins à gagner..).
- 1'34" / NY 37 : course de B. Jacobs pour 2 yards (donc nouveau first-down).
- 1'28" / NY 39 : Manning lui-même pour 5 yards. Premier temps-mort pour arrêter l'horloge.
- 1'20" / NY 44 : passe incomplète (presque interceptée, quelques centimètres de moins et le match était terminé avec la victoire des Patriots...).


Il reste 1'15", les Giants ont progressé mais ils sont encore dans leur moitié de terrain (NY 44, il leur reste donc 56 yards à gagner).
Et c'est alors qu'a lieu l'action du match, une des actions les plus incroyables de l'histoire du Super Bowl !!
Troisième tentative et 5 yards au moins à gagner, Eli Manning est pris par la ligne défensive des Patriots, il va être sacké (pour une perte de terrain et une future quatrième tentative qui sera difficile)...
Mais il se dégage miraculeusement, cherche un receveur (les tracés prévus, qui doivent s'exécuter à la seconde près, sont caduques à cause des 2-3 secondes pendant lesquelles on a cru au sack), et lance finalement une passe haute et longue...
David Tyree s'élance, CAPTE en l'air le ballon, le contrôle de façon incroyable contre son casque, et retombe en arrière sur le défenseur tout en assurant la réception avec sa deuxième main (un receveur doit avoir les deux mains sur le ballon pour que la réception soit validée).
Une réception incroyable (photos ci-contre) de 32 yards, qui donne évidemment un nouveau first-down aux Giants, qui sont désormais sur la ligne des 24 yards de New-England, avec 59" à jouer !! (deuxième temps mort appellé)...


- 59" / NE 24 : E. Manning est sacké pour une perte de 1 yard. Dernier temps mort.
- 51" / NE 25 : passe incomplète.
- 45" / NE 25 : passe vers S. Smith pour 12 yards.
- 39" / NE 13 : Et finalement, Eli Manning complète ce drive historique par une passe de 13 yards vers Plaxico Burress (le receveur vedette des Giants, totalement invisible jusqu'ici) qui donne le TOUCHDOWN gagnant aux Giants (photos ci-contre) à 35" de la fin.
17 - 14 New-York
Il reste évidemment un dernier drive possible pour les New-England Patriots, mais avec seulement 35" de disponible, impossible de "construire", Tom Brady est obligé de tenter une hypothétique "Ave Maria" à chaque tentative, ce qui résulte en 3 passes incomplètes et un nouveau sack (le cinquième de la soirée). Et alors qu'il reste officiellement 1" au chrono, le terrain est envahi, les coachs se serrent la main, alors que les officiels et les policiers demandent à tout le monde d'évacuer pour terminer le match. Eli Manning est donc obligé de revenir sur le terrain, juste pour remettre le ballon en jeu et mettre un genou à terre afin d'épuiser la seconde restante...
Score Final : 17 - 14 New-York
Rappels historiques : un autre "winning-drive" final, très semblable à celui-ci, est archi-connu de tous les amateurs de football américain, puisqu'il fait partie des actions "historiques" que la NFL se plait à remontrer à chaque fois que l'on parle de grandes performances dans un Super Bowl. C'était le 22 janvier 1989, lors du Super Bowl XXIII, qui est considéré comme l'un des deux ou trois plus beau Super Bowl de l'histoire. Les San Francisco 49ers étaient menés 16 - 13 par les Cincinnatti Bengals. Débutant sur sa propre ligne des 8 yards avec 3'15" à jouer, le légendaire Joe Montana réussissait à compléter 8 de ses 9 passes, remontant 92 yards pour un touchdown final vers John Taylor à 34" de la fin, donnant la victoire finale à San Francisco !!
Et pour la petite histoire, c'était mon premier Super Bowl (!), et c'est cette action mémorable qui a fait de Joe Montana mon idole depuis toujours. Il aura donc fallu attendre mon 20ème Super Bowl (toujours en direct) pour que je revoie une action du même acabit...
De même, concernant la réception extraordinaire de Tyree dans ce drive, elle semble comparable à une autre réception incroyable, qui présente les mêmes caractéristiques (à la fois chanceuse et nécessitant tout de même une incroyable dextérité de la part du receveur) : le 10 janvier 1982, lors de la finale de Conférence opposant San Francisco à Dallas, Joe Montana (encore lui, mais cette fois au début de sa carrière) lançait une passe improbable dans l'embut qui était captée par Dwight Clark pour un touchdown décisif à 51" de la fin. La réception était tellement hallucinante qu'elle faisait la couverture en pleine page de Sport Illustrated et que les journalistes sportifs la surnomment "The Catch" (LA réception). C'est pourquoi certains journalistes américains ont suggéré d'appeler cette réception de David Tyree, "The Catch II" (les conditions sont légèrement différentes puisqu'il ne s'agit pas d'une passe de touchdown, mais c'est bien grâce à elle que les Giants ont remporté, non pas une finale de Conférence, mais le Super Bowl...).
Oui, ce Super Bowl sera sans doute historique... (ou au moins mémorable)
... mais pas pour les raisons attendues ! 
La victoire surprise des New-York Giants ("Giant upset" comme l'ont titré certains journaux, une "enorme surprise", avec le jeu de mot sur le nom de l'équipe) prive les New-England Patriots de leur record historique de 19 victoires et zéro défaite, mais n'est pas usurpée. La défense a été impeccable, sackant Tom Brady à tout va, privant les receveurs vedettes de ballons, et limitant les Patriots à 14 points, ce qui constitue le plus faible score de la meilleure attaque de la saison, tous matchs confondus. Et le dernier drive du "petit frère" Manning était magique.
Côté New-England, on a certainement l'impression d'avoir gâché le match : Tom Brady n'a pas été décisif (un peu comme dans la finale de Conférence) et même si la défense a réalisé un bon travail, les mauvais choix de l'entraîneur à quelques moments clefs du match coûtent finalement très chers.
Quant à la "saison parfaite", les anciens de l'équipe des Dolphins de 1972 peuvent continuer à boire le champagne encore longtemps ! Beaucoup estiment que l'on ne verra pas de sitôt (si ce n'est un jour) une autre équipe s'approcher de ce Graal (les Patriots peuvent se consoler en se disant qu'ils ont au moins le record en victoires absolues, 18, et qu'ils ne peuvent être battus que justement par une saison parfaite).
Côté télévision, ce Super Bowl, attendu d'une part, et incertain jusqu'à la dernière seconde d'autre part, a bien entendu fait le plein : meilleure audience de tous les temps pour un Super Bowl (et de fait la deuxième de tous les temps pour un programme TV).
Eli Manning est élu MVP (photo de droite), succédant ainsi à son frère, Peyton Manning, quaterback des Colts, qui avait été élu l'année dernière. Un destin exceptionnel pour cette famille (le père était joueur lui-aussi).
Rendez-vous la saison prochaine, le 01 février 2009 à Tampa, Floride (chez les Buccaneers), où aura lieu le Super Bowl XLIII. Le match, retransmis par NBC cette fois (les réseaux télévisés se partageant les retransmissions par tournante), sera l'avant-dernier évènement sportif à être diffusé en analogique. Dès le 17 février 2009, tout sera numérique uniquement aux US.
Bye-bye !!