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#1  07-02-2007 21:45:31   Super Bowl XLI 2007

Super Bowl XLI 2007

: Indianapolis Colts - Chicago Bears

Par Mpok,
De Miami, Floride. Dimanche 4 février 2007
(Crédits images : AP)

Présentation


Set XLI    Cette année, la grande finale du foot US a un côté plutôt rafraîchissant : en effet, contrairement à ces dernières années (avec en particulier la domination des New England Patriots), ce sont deux équipes qui n'ont pas participé à un Super Bowl depuis très longtemps qui s'affrontent.
La dernière participation (et la seule jusqu'à aujourd'hui) des Bears de Chicago date de 1986 (Super Bowl XX, nette victoire sur New England), quant aux Colts d'Indianapolis, il faut remonter à 1971 (!) (Super Bowl V, courte victoire sur Dallas) pour les retrouver à pareil rang. Et encore, à cette époque l'équipe des Colts n'était pas à Indianapolis mais à Baltimore. Ils avaient également perdu le Super Bowl III, ce qui fait que c'est la troisième participation à un Super Bowl pour la franchise, mais la toute première pour les fans d'Indianapolis.

    L'opposition entre les deux équipes est a priori assez alléchante : d'un côté une grande attaque (Indianapolis), et de l'autre une grande défense (Chicago). Les joueurs clés pour Indianapolis devraient être leur très populaire quaterback Payton Manning dont l'association avec le receveur Marvin Harrison constitue l'un des duos les plus prolifiques de l'histoire (un poil en-dessous des légendaires Joe Montana - Jerry Rice). De leur côté, les Bears pourront compter sur leur star de la défense, le linebacker Brian Urlacher. La principale inquiétude pour les fans de Chicago est de savoir si le jeune quaterback Rex Grossman saura gérer la pression d'un tel match et se montrer à la hauteur de son homologue Payton Manning. La plupart des analystes prédisent une victoire des Colts, prévision qu'ils ont faite avant même de connaître le nom des deux finalistes : les équipes de la Conférence Américaine ont en effet semblé bien meilleures que celles de la Conférence Nationale durant la saison régulière.

Dolphins Stadium    Le match se déroule à Miami, dans le Dolphins Stadium, (photo de gauche) le stade habituel de l'équipe des Dolphins de Miami. C'est le neuvième Super Bowl qui se déroule à Miami, et le quatrième dans ce stade. La grande nouveauté ce soir sera une invitée surprise : la pluie !
Alors que les derniers jours étaient plutôt beau à Miami, il pleut averse depuis le début de la journée et il pleuvra (selon la météo) durant tout le match. Ce sera donc la toute première fois (après 40 éditions..) qu'un Super Bowl se déroulera sous la pluie. Cela risque de rendre le ballon glissant et de compliquer la tâche des receveurs. Les punteurs (pour les coups de pied de transformation) pourraient également être gênés. Enfin, il est possible que même les courses puissent être perturbées en fin de match selon l'état du terrain.
Cette pluie pourrait favoriser l'équipe de Chicago qui a l'habitude de jouer à l'extérieur, alors que les Colts jouent leurs matchs sous un dôme.
La température est quant à elle clémente (environ 20 °C), bien meilleure que celles qui règnent actuellement dans les deux villes Indianapolis et Chicago où on descend régulièrement en-dessous de zéro à cette époque.

Dungy Smith    Après l'entrée des équipes sur le terrain et la présentation des joueurs, on note une longue salutation entre les deux coachs. Les deux hommes se connaissent bien puisqu'ils ont travaillé ensemble chez les Tampa Bay Buccanners. Mais ce qu'ont longuement commenté les medias américains durant la dernière quinzaine, c'est le fait que l'opposition entre Tony Dungy (coach d'Indianapolis) et Lovie Smith (coach de Chicago) (photo de droite) constitue la première opposition dans un Super Bowl entre deux coachs d'origine afro-américaine (et le gagnant sera le premier à remporter le titre).

Après l'hymne (émaillé des désormais traditionnelles images des soldats américains en direct de Bagdad), le "toss" est lancé par le légendaire quaterback des Dolphins, Dan Marino et est remporté par l'équipe des Bears, qui choisissent de recevoir le coup d'envoi...

Premier quart-temps


Hester TD    Et dès la première action, le match commence très fort !
En effet, Devin Hester reçoit le coup d'envoi et se faufile dans la défense des Colts, il effectue une course de 92 yards jusqu'à la ligne de but adverse pour un touchdown (photo de gauche). Cela constitue du coup un nouveau record pour un Super Bowl puisque c'est la première fois qu'un kickoff d'ouverture est retourné pour un touchdown (il y avait déjà eu 7 kickoff-return pour un td, mais jamais celui du coup d'envoi). C'est évidemment en même temps le touchdown le plus rapide de l'histoire des Super Bowls (14 secondes).
0 - 7 Chicago

    Les Colts récupèrent donc la possession, et leur premier drive se termine par une interception de Payton Manning (une longue passe à destination de Marvin Harrison) réalisée par le safety des Bears, Chris Harris. Malheureusement, Chicago ne transforme pas en points ce premier turnover en leur faveur.

Wayne TD    Le second drive d'Indianapolis est très construit, par de petits gains, Payton Manning réussissant à convertir 3 fois un third-down en first-down. Et il se termine par une magnifique passe de 53 yards à destination de Reggie Wayne pour le premier touchdown des Colts (photo de droite). Malheureusement, la transformation est manquée par Adam Vinatieri, chose très rare (mauvaise transmission du ballon).
6 - 7 Chicago

Muhammad TD    La possession suivante des Bears débute par un double fumble, les joueurs des deux équipes perdant et récupérant le ballon successivement. Puis une longue course de Thomas Jones permet à l'équipe de Chicago de se retrouver à seulement 5 yards de l'embut adverse. Et c'est Muhsin Muhammad qui marque le touchdown entre deux défenseurs d'Indianapolis (photo de gauche).
6 - 14 Chicago

    Les 4 drives suivants (deux possessions pour chacune des équipes) se révèlent infructueuses, et avec très peu de gains de chaque côté : 2 "three-and-out" pour Indianapolis (c'est à dire sans un seul first-down obtenu), un three-and-out pour Chicago et un fumble de Cedric Benson. On arrive ainsi à la fin d'un premier quart-temps très vivant, avec déjà 20 points de marqués et déjà 4 turnovers au total des deux équipes.

Deuxième quart-temps


Rhodes TD    Le deuxième quart-temps débute par un long drive d'Indianapolis (avec en particulier deux belles passes de Manning) qui se conclut par un field-goal de 29 yards d'Adam Vinatieri.
9 - 14 Chicago

    Après une nouvelle possession infructueuse de Chicago, et alors que la pluie redouble, les Colts repartent à l'attaque avec à nouveau deux belles progressions grâce aux passes de Payton Manning (22 yards vers Marvin Harrison, 17 yards vers Dallas Clark) qui les emmènent profondément dans le terrain des Bears. Et c'est le running-back Dominic Rhodes qui marque en force un touchdown de 1 yard à la course (photo de droite). Les Colts prennent la tête pour la première fois du match.
16 - 14 Indianapolis

    Encore un drive sans aucun gain pour les Bears qui laissent le ballon aux Colts à 4' de la fin de la première mi-temps. A 1'33 de la fin, un fumble de Bryan Fletcher rend la balle à Chicago mais ils la reperdent aussitôt par un fumble de leur quaterback Rex Grossman. Les Colts gèrent l'horloge jusqu'à 2 secondes de la mi-temps où ils tentent un field-goal de 36 yards. Mais ce qui aurait dû être une formalité pour l'un des meilleurs buteur en activité (Adam Vinatieri, rappelez-vous c'est lui qui a deux reprises avait fait gagner un Super Bowl à son équipe d'alors, les New England Patriots), est finalement un échec, probablement à cause de la pluie qui continue de tomber fort.

Mi-temps


Prince    Le traditionnel (et toujours aussi bien organisé) spectacle de la mi-temps est cette année assuré par Prince (photo de gauche). La scène a la forme toute particulière du symbole de l'artiste.
On ne peut s'empêcher de sourire lorsqu'il entonne son fameux Purple Rain sous des trombes d'eau...

    Pendant cette mi-temps, on peut dresser un premier bilan : le match est jusqu'à présent intéressant, avec beaucoup de points de marqués (30 en une mi-temps, il y a longtemps que l'on n'avait pas eu un tel score), beaucoup de turnovers probablement dûs à la pluie (3 de chaque côté, ce qui est peut-être encore un record), et le plus important, c'est un match serré (2 points d'écart) qui peut laisser augurer un bon suspense pour la suite.

    Mais l'étude des statistiques montre autre chose : le "total yards" des Colts est de 250 contre 100 aux Bears, et le temps de possession de 20' pour les Colts contre 10' pour les Bears. Les Bears sont donc très nettement dominés en attaque, leur quaterback Rex Grossman n'a rien montré de bien réjouissant (au contraire de son homologue Payton Manning qui sans être exceptionnel réussit à faire progresser son équipe, en particulier sur les "third-downs"). Chicago doit donc réagir vite tant que leur retard n'est pas trop important...

Troisième quart-temps


Vinatieri FG    Le troisième quart-temps débute par un très long drive d'Indianapolis (7'34, le plus long drive du match). Pas d'action d'éclat, mais une progression constante des Colts et 4 first-down obtenus. Malheureusement, ils sont stoppés alors qu'ils n'étaient plus qu'à 14 yards de la ligne de but (le coach Tony Dungy a d'ailleurs demandé l'arbitrage vidéo pour contester la dernière décision arbitrale mais il a été débouté).
Les Colts ne marquent donc pas de touchdown et doivent se contenter d'un field-goal, cette fois réussi par Adam Vinatieri (photo de droite). Indianapolis, non seulement accroît son avance, mais en plus "mange" la moitié du temps de jeu du troisième quart-temps sur ce seul drive.
19 - 14 Indianapolis

Rhodes run    Le drive suivant des Chicago Bears voit leur quaterback Rex Grossman tout d'abord "sacké" par la défense adverse, puis commettre un fumble (heureusement récupéré) : encore une possession gâchée pour Chicago... Les Colts entament alors un drive tout entier à la gloire de leur running-back Dominic Rhodes (photo de gauche) dont les courses de 36, 8 et à nouveau 8 yards permettent à Indianapolis d'atteindre la ligne des 2 yards adverse. Mais une nouvelle fois, ils sont obligés de se contenter d'un field-goal au lieu d'un touchdown alors qu'ils étaient si proches. Leur avance est certes assez confortable maintenant (un touchdown transformé à deux points), mais ce genre d'occasions manquées pourrait se révéler catastrophique en fin de match si les Bears parviennent enfin à réagir en attaque.
22 - 14 Indianapolis

Jones run    La pression est désormais forte sur les Bears : même s'il reste beaucoup de temps (3'16 en troisième quart-temps, plus le quatrième), il ne faut pas qu'ils laissent filer le match. Ils sont alors particulièrement aidés par une pénalité "Unnecessary Roughness" (la plus grosse faute sanctionnée au foot US) qui leur rapporte 15 yards et leur permet de démarrer la possession suivante en excellente position sur le terrain. Quelques courses de Thomas Jones (photo de droite) leur permettent d'être en position de tenter et de réussir (par leur buteur Robbie Gould) un field-goal de 44 yards (ce qui, dans ces conditions climatiques, est plutôt un exploit).
Chicago se devait de faire quelque chose sur ce drive, ils l'ont fait, ils ne sont plus qu'à un touchdown de retard (ou 2 field-goals).
22 - 17 Indianapolis

    Le troisième quart-temps se termine alors qu'Indianapolis est en attaque. La défense des Bears, très fatiguée par le temps de possession des Colts, doit absolument tenir...

Quatrième quart-temps


Hayden    Les Colts sont donc en attaque à l'entame de ce dernier quart-temps. Et ils sont stoppés, obligés de se dégager par un punt qui se termine dans la end-zone adverse. Les Bears démarrent donc leur drive sur leur propre ligne des 20 yards. C'est l'occasion pour eux de faire une bonne progression et pourquoi pas de repasser en tête...
Malheureusement, cela débute par une pénalité de 10 yards. 1ère tentative et 20 yards donc. Petite course de 6 yards, 2ème tentative et 14 yards. Superbe passe de 22 yards (la plus longue du match pour Grossman) vers Muhammad et first down. On se dit qu'enfin Chicago a trouvé la bonne carburation...
Et patatras... Sur l'action suivante, Rex Grossman tente à nouveau une passe longue vers Muhsin Muhammad et est intercepté par le corner-back des Colts Kelvin Hayden (photo de gauche).

Hayden TD    Celui-ci remonte le ballon sur 56 yards pour un touchdown (photo de droite) qui non seulement stoppe la possibilité de revenir pour les Bears, mais en plus creuse l'écart.
29 - 17 Indianapolis

Dungy    La réaction du coach Tony Dungy (photo de gauche) résume la situation : désormais seul un miracle pourrait sauver les Bears, c'était l'action décisive de ce match... (Note : la photo de droite est d'ailleurs celle qu'ont choisi certains medias pour illustrer à elle-seule le match).

    Il reste 11'44 à jouer (c'est beaucoup pour un match de foot US, mais il faudrait un "big play" pour Chicago pour éventuellement revenir au score). Mais le drive suivant des Bears se termine par une nouvelle interception pour le pauvre Grossman qui devait de toute façon tenter ce genre d'action risquée.
Dès lors, on sait que Chicago ne pourra pas revenir, les Colts n'ont plus qu'à gérer l'horloge. Ce qu'ils font sur leurs deux possessions suivantes, Grossman et les siens faisant de leur côté preuve d'abnégation en tentant un retour improbable par tous les moyens (c'est à dire pas de punt sur les 4èmes tentatives).

Score Final : 29 - 17 Indianapolis

Conclusion


Dungy VictoryManning MVP    C'est donc la consécration pour Tony Dungy (photo de gauche) et son quaterback Payton Manning (photo de droite) qui a été élu MVP de ce 41ème Super Bowl. Les deux hommes ont eu des trajectoires similaires, très respectés par leurs pairs mais sans jamais avoir eu jusqu'à aujourd'hui la chance de briller lors d'une grande finale. Tony Dungy avait auparavant fait un remarquable travail avec les Buccanners et Payton Manning était déjà considéré comme un grand quaterback.


    La victoire des Colts d'Indianapolis ne souffre d'aucune contestation, même si le match était serré jusqu'au début du quatrième quart-temps, les statistiques étaient pratiquement toutes en leur faveur. Ce Super Bowl était d'autre part plutôt plus intéressant que les 3 ou 4 derniers. La caractéristique remarquable fût le nombre élevé de turnovers (il faut remonter à la dramatique défaite des Bills de Buffalo contre les Dallas Cow-Boys pour retrouver un tel nombre).


Colts win    Côté américain, notons que ce Super Bowl a réuni la deuxième meilleure audience de tous les temps pour un Super Bowl (et de fait la troisième tous programmes confondus) avec 93.1 millions, ceci étant probablement dû à la forte popularité de Payton Manning dont beaucoup attendaient le sacre ce soir.

    Côté français, il faut noter que les commentaires de France 2 (tant décriés sur les forums l'année dernière) ont été grandement améliorés. Le fameux "et c'est le snap !" qui avait tant fait rire a disparu (de même que les commentaires indécents durant l'hymne national), les tentatives sont désormais annoncées et surtout (le point marquant pour moi l'année dernière) la "structure" du match est respectée (ils ont enfin compris qu'un "third-down" ne se joue/commente pas comme un "first-down" et que l'on ne joue/commente pas de la même manière si il reste 10' au compteur ou 1').
Reste deux erreurs récurrentes (je passe sur les bourdes d'une action ou deux comme celle de confondre une course avec une "petite passe", les erreurs suivantes ont eu lieu TOUT AU LONG du match) : à C. Choupin, un "drive" N'EST PAS seulement les 4 tentatives pour gagner 10 yards, c'est L'ENSEMBLE des tentatives (first-downs compris) qui constituent la possession en attaque (si vous avez lu ce résumé, vous avez compris ce qu'est un drive, M. Choupin ne l'a pas compris).
A R. Tardits (consultant) : "Super Bowl" est un nom neutre en anglais, mais en français il se traduit généralement par un nom MASCULIN et non féminin. On dit "LE" Super Bowl et non "la" Super Bowl (c'est un détail, mais c'était quand même vachement emmerdant lors de vos commentaires).
Dernière remarque : il est dommage que France 2 n'ait pas daigné attendre 20 minutes de plus pour la remise du trophée (ils ont ainsi imité Canal+ qui sont les champions de cette rupture brutale du direct, même en pleine nuit...). Pour la première fois de ma vie, j'ai pu suivre en direct la remise du trophée Vince Lombardy grâce à CBS. Ce n'est pas si important que cela, mais ça me semble normal de retransmettre la remise du trophée quand on retransmet la finale... (Note : les images de cette partie "conclusion" sont issues de ce que vous n'avez justement pas pu voir sur France 2).

    Rendez-vous la saison prochaine, le 03 février 2008 à Glendale, Arizona (chez les Cardinals), où aura lieu le Super Bowl XLII.
Bye-bye !!